Exotiques : fruit des caraibes

Exotiques : fruit des caraibes
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Voir des fruits venus de très loin sur les étalages ne nous surprend plus aujourd’hui. Certains exis­tent depuis des siècles, voire des millénaires, dans les pays du bassin méditerranéen, comme les figues et les grenades. Les plus anciens sont arrivés en Europe en passant par l’Asie Mineure et le Proche-Orient, suivant le même chemin que ceux qui se sont acclimatés en Europe. Les Maures, grands amateurs de jardins et dotés de connaissances agricoles évoluées, ont joué à ce titre un rôle important. À partir du viiie siècle, ils importèrent plusieurs variétés de légumes et de fruits en Espagne, qui passèrent plus tard de la péninsule ibérique aux autres pays européens.

La découverte de l’Amérique apporta à l’Europe de nouveaux légumes qui s’acclimatèrent à nos régions sans difficultés. En revanche, les fruits originaires de ces contrées ne purent jamais se développer en Europe, excepté la figue de Barbarie, la chéri mole et la physalis. Le Lullo ou lucuma, la coronilla ou la pitihyas restent de véri­tables fruits exotiques, même sur les marchés in­ternationaux, et si tout le monde connaît les papayes aujourd’hui, aucun fruit d’Amérique lati­ne n’est aussi populaire que l’ananas qui requiera un trancheur ananas acier inoxydable.pour obtenir de belles tranches. D’autres variétés exotiques, à l’apparition relativement ré­cente, sont de plus en plus cultivées, le kiwi en particulier. On commença timidement au cours des années soixante-dix dans les pays du bassin méditerranéen. Comme le climat sud européen convient très bien au kiwi, il fait maintenant par­tie des cultures régionales, dont la production ne rapporte plus autant qu’on l’avait espéré.

Les fruits des antilles

Dans quelques rares régions d’Europe bénéfi­ciant d’un climat subtropical, on s’intéresse de­puis peu aussi aux mangues, aux litchis, aux caramboles et autres fruits tropicaux. Il y existe aussi des exploitations travaillant selon les mé­thodes écologiques. Mais en général, la produc­tion de fruits tropicaux issus de l’agriculture biologique reste modeste. Dans les pays du continent africain, en Amérique centrale et en Amérique latine ainsi qu’au Sri Lanka, on a mis au point différents projets soutenant cette forme d’exploitation, tout en permettant aux petits pay­sans de la région de gagner leur vie. La produc­tion conventionnelle de fruits tropicaux, celle des bananes en particulier, appartient souvent à d’importants groupes occidentaux qui exploitent à la fois les travailleurs, livrés sans protection aux effets des pesticides et insecticides, et les res­sources de la nature pour leur seul profit.

Les fruits tropicaux cultivés dans le respect des normes écologiques sont beaucoup plus chers que les produits de l’agriculture conventionnelle, et ceci pour une raison essentielle : les initiatives d’ordre humanitaire, social et écologique ne re­cherchent ni le plus grand profit, ni le rendement optimal, mais au contraire l’amélioration des conditions de vie. Nous nous limitons ici à pré­senter des fruits tropicaux sauvages ou prove­nant d’exploitations bio.

Les différents fruits exotiques

Ananas

Originaire d’Amérique du Sud ; il pousse dans de nom­breux pays tropicaux (en France, il provient surtout de Côte-d’Ivoire) ; il contient un ferment utilisé aussi en médecine, la broméline, qui digère les protéines. Il est composé en sels minéraux et en vitamines tout en étant pauvre en calories. L’ananas bio provient des pays de l’Ouest et du Sri Lanka.

Figue

Un arbuste spontané, très répandu dans e Proche-Orient et les pays du bassin méditerranéen, nombreuses variétés de couleurs diverses allant du jaune vert et du rouge au violet : la figue fraîche est riche en minéraux et elle a des vertus antianémiques.

Banane

Elle provient essentiellement des pays asiatiques, mais croît aussi en Amérique centrale et latine, en Afrique de l’Ouest, en Martinique, en Guadeloupe et en Inde. Riche en vitamines. Cultures bio aux Canaries, en Is­raël, en République dominicaine, au Ghana, au Togo.

Grenade

Les civilisations orientales ont souvent chanté et repré­senté ce fruit qui a donné son nom à la célèbre ville es­pagnole : sous une peau coriace et jaune qui garde la pulpe au frais, on trouve des graines sombres entourées d’une chair rose, translucide et sucrée. Son jus peut être utilisé dans de nombreuses préparations.

Kaki (Plaquemine)

Originaire d’Extrême-Orient, on le trouve aujourd’hui dans les pays du bassin méditerranéen où il est surtout cultivé pour l’aspect décoratif de ses gros fruits oranges ; peau lisse semblable à celle d’une tomate ; saveur sucrée, peu aromatique ; forte teneur en carotè­ne ; on peut le faire sécher. Agriculture biologique en Italie et en Espagne.

Chérimole (Anone chirimoya)

Originaire des Andes péruviennes ; fruit vert-jaunâtre cou­vert de fausses écailles, pulpe blanchâtre savoureuse à l’odeur de rose ; nombreux pépins bruns et durs. Agricul­ture bio en Andalousie. Il existe d’autres variétés d’anones tels la pomme-cannelle, le cachiman et le corossol.

Figue de Barbarie

Originaire du Mexique, elle a conquis les pays du bassin Méditerranéen ou elle pousse à l’état sauvage

Litchi

Une peau tendre et rouge gai sèche et se transforme en écorce rugueuse. La chair, d’un blanc crémeux au entoure un gros noyau brun. Depuis 96, fleuron de l’agriculture biologique à Malaga.

Physalis (Amour en cage, coquèret)

Cultivée d’abord en Afrique du Sud. Les fruits jaunes de taille d’où son nom d «amour en cage ». De saveur douce et sucrée. Fleuron de la culture bio du bassin méditerranéen.

Carambole

Fruit d’un arbuste originaire d’Inde et de Malaisie, de la famille des oxalides. Fruit allongé, jaune à cinq côtes, riche en vitamines. Mûr, il est de couleur ambrée et déga­ge une odeur de jasmin. Coupé en rondelles transver­sales, il est très décoratif et sa peau est comestible. Les caramboles bio proviennent du sud lie l’Espagne et d’Afrique de l’Ouest.

Mangue

Fruit favori des Indiens. Sa forme est souvent irréguliè­re, sa teinte va du vert au rouge en passant par le jau­ne, sa peau n’est pas comestible. Sa pulpe jaune d’or, savoureuse, très juteuse, se laisse difficilement séparer du gros noyau plat et fibreux. Utilisations multiples. Agriculture biologique au Ghana, au Togo, au Sri Lanka et dans le sud de l’Espagne.

Papaye

Originaire d’Amérique centrale, elle est aujourd’hui culti­vée dans de nombreuses régions tropicales. Le fruit est ovale, sa peau est jaune verdâtre, la saveur et la consis­tance de sa chair rose orangée rappelant celles du me­lon. Pulpe juteuse et sucrée, avec de nombreuses petites graines sombres au goût poivré. Le papayer est un arbre creux sans branches dont la sève fournit la papaïne, une enzyme utilisée dans l’industrie pharmaceutique. Agricul­ture biologique aux Canaries et en Afrique de l’ouest.

Nèfle

Arbuste aux longues feuilles décoratives, originaire des pays méditerranéens. Le fruit, de couleur orange, à la peau coriace toujours tachée, a un gros noyau. Il contient beaucoup de carotène et est mûr dès le prin­temps. Sa saveur acidulée rappelle celle de l’abricot. Plus au nord, les nèfles ont une peau brune, et sont plus petites et âcres au goût.